Je ne sais pas quoi faire de ma vie

Je ne savais pas quoi faire de ma vie. J’ai lu, cherché, tourné en rond. Ce qui m’a fait avancer, ce n’est pas un livre de plus : c’est mon histoire.

Auteur
Stéphane Briot
Lecture
6 min · 1 455 mots
Pièce
N° 76 · 76 pièces publiées à ce jour
quoi faire de ma vie
quoi faire de ma vie© Watson

01L’art d’avanceR, sans bouger

Lire ne coûte rien. Que le prix du livre. Un peu de temps. Lire, c’est quelques secondes ou quelques heures, dans un ailleurs. Un espace meilleur. Une projection qui suspend le temps. Qui offre une respiration. Un bien-être. Une pause dans les questions, une pause dans les doutes. Une pause dans la tempête quotidienne. Ça fait un bien fou.

Parfois, lire, c’est comme comprendre. Une révélation. Une lueur qui d’un coup éclaire le tout. Oui, comprendre fait du bien. On sait enfin. On se sent bien, comme allégé. Voilà, je sais. Je sais enfin. Je me sens libéré. Comme apaisé. Soulagé.

Et puis, le livre se referme. Ou bien le pouce scrolle jusqu’à une prochaine lecture. Une respiration. Le temps passe. Quelques minutes suffisent à oublier. Ou quelques heures, quelques jours. La lecture se dilue. La vie revient. Rien n’a changé.

Ce n’était pas la bonne phrase, le bon livre, ou pas le bon moment. Alors, la quête continue. De scroll infini en scroll infini, d’heure en heure, de méthode en méthode, de livre en livre, de recette en recette. Et l’épuisement vient avec. Cette sensation que jamais je ne trouverai MA réponse. Ce goût amer. N’y a-t-il donc personne pour me dire ce que je dois faire pour sortir de là, bon sang ?

Y a toujours quelqu’un pour me dire comment mieux écrire, comment m’habiller, comment penser, comment me comporter dans chaque contexte. À quelle heure me coucher, me lever, avec quelle routine. Comment bien manger, me coiffer. Où vivre, comment devenir libre. J’ai même des gens qui peuvent m’expliquer comment bien baiser ma partenaire et la faire grimper aux rideaux. Y a toujours un parent de substitution pour me guider dans ma vie. Toujours.

Et là ? Y a-t-il quelqu’un ? N’y a-t-il donc personne ? Et me voilà. Sur ma chaise. Devant ma tasse de café. L’esprit qui vagabonde. Mais où ? Il cherche. Tant de livres. Si peu de réponses. Et tant de nouvelles questions. De pistes à suivre. De doutes, de peurs. Et si je me trompais ? Et si je faisais fausse route ? Comment savoir ?

Lire encore. Chercher encore. D’autres auteurs sur les réseaux, d’autres belles phrases qui rassurent, un temps. D’autres livres, qui creusent encore. Et rien qui ne réponde vraiment. Alors, je suis resté là. Un moment. Comme une éternité, dans un entre-deux, le cul entre deux chaises. Inconfortable. Indécis.

02Un livre de trop

Je ne sais pas. C’était quand. Un livre de trop. Comme un air de déjà vu. Cette sensation de tourner en rond. Un ras-le-bol. Réfléchir, mentaliser, creuser là-haut, sans bouger de ma chaise. Sans avancer d’un seul petit centimètre, à chercher LA solution.

Je ne savais pas quoi faire de ma vie, de tout ce que j’avais traversé, de toutes ces douleurs, de toutes ces peurs qui me retenaient. Je ne savais pas quoi faire de ma vie, et je cherchais des solutions en dehors de moi, parce que j’avais peur de chercher en moi, peur de me tromper, peur de ne pas savoir.

Et puis, qui mieux que moi ? Qui mieux que moi pourrait le découvrir ? Après tout, dans mes livres, j’ai lu que la personne porte toujours ses propres réponses en elle, l’accompagnement est là pour l’aider à les trouver, la guider vers ces réponses qu’elle ne voit pas encore. Aucun livre ne dit que la réponse est en dehors de soi. Non, aucun. Beaucoup te vendent même leur propre recette, encore.

Donc, si je voulais avancer vers moi, m’aligner comme ils disent, ça se passait en moi. Bien. Mais on fait comment alors ? On se prend en main comment ?

03Chercher en soi, pas dehors

Savoir quoi faire de sa vie, ce n’est pas une question de boulot, de lieu de vie. Où que tu sois, quoi que tu fasses, ce qui est en toi est là. Tu peux détourner ton attention, oublier dans le boulot, dans des activités. T’offrir un cadre de vie agréable, ça marche un temps. Mais ça revient. Toujours. Ça revient.

Savoir quoi faire de sa vie, c’est d’abord regarder en soi. Regarder ce qui serre quand tu es dans la solitude, ce qui fait mal, ce qui revient, ce que tu as fui tout ce temps. Ce n’est pas y penser. Non. C’est le mettre en mots, sur le papier, ou en parler, avec une personne de confiance.

J’ai beaucoup parlé avec ma femme. Parfois, avec ma fille aussi. D’autres fois encore, avec un thérapeute. Écrire et parler. Pour vider. Pour extérioriser, pour faire de la place en moi. Tant que c’est là, en moi, aucune place ne se libère. Pour avancer, pour évoluer, il faut de la place. Alors, il faut jeter ce qui moisit en soi, ce qui intoxique.

Quand on écrit, quand on parle, on commence à voir quelque chose se dessiner, plus précisément. Ce qui dansait dans la tête se fige dans les mots qui sont donnés, mis ou posés. On commence à pouvoir mieux comprendre ce qui est là, en nous, depuis si longtemps.

04Ce que ça coûte vraiment

Là, ça commence à coûter quelque chose. La douleur qu’on retenait. Les larmes. L’effondrement intérieur. L’enfoui remonte à la surface. C’est dur. Ça fait mal. Parfois même, ça te prend le matin, ça te réveille la nuit. C’est plus que l’inconfort. Ça ne fait pas envie. Ça fait peur. Quand t’es là, un thérapeute, c’est pas du luxe. Si ça serre fort, va donc te poser dans un cabinet. Ça sécurise, ça pose un cadre, ça fait du bien.

Je me suis accroché à tout ce que je pouvais. Un moment de calme devant la télé, un câlin avec le chat. Un moment de répit à table. Une marche le soir où ça se desserrait un peu. Une nuit de sommeil correcte. Tout ce qui pouvait faire du bien, pour me sentir vivant ailleurs que dans la douleur. Des refuges qui font du bien, qui donnent le courage de continuer.

Avant de savoir quoi faire de sa vie, je crois qu’il est bon de la reprendre en main, d’en reprendre le volant. En cela, faire le ménage, ça aide bien. Oui, comme je viens de te l’écrire, ce n’est pas le truc le plus fun et glamour.

T’as déjà lu un post sur les réseaux sociaux qui te dit que pleurer, en boule, sur ton fauteuil, c’est ça le chemin ? Non. On va te vendre du réconfort. Mais le piège du réconfort, c’est qu’il te maintient là où tu es. Tu as la sensation d’avoir compris, et puis, très vite, tu replonges, encore. Rien n’a bougé. Réconfort à bas prix.

Et puis, petit à petit, comme le jour vient après la nuit, la lumière revient. Tu retrouves du confort, de la légèreté. Ce n’est pas du jour au lendemain. C’est lent. Mais ce qui faisait peur, ce qui faisait mal, ça s’estompe. Ça se calme. Tu commences à voir les choses autrement.

05Retracer ton parcours pour trouver tes valeurs

Et quand tu en arrives là, il est temps d’agir. De te poser, de retracer ton parcours, pas pour chercher ce qui fait mal, ça, c’est fait. Même s’il y aura des répliques, même si par moments, oui, ça reviendra. Le plus dur est fait. C’est là que j’ai trouvé mes réponses. Pas dans un livre, mais bien dans mon parcours. Et c’est ce que je fais aujourd’hui, avec celles et ceux que j’accompagne.

Alors, on se pose pour parler des moments forts de ton parcours, des émotions qui furent là, qui ont forgé tes valeurs, ton identité, qui ont guidé tes choix. Tu parles, j’écoute, je pose des questions, je creuse, je cherche. Je ne suis pas là pour te dire quoi faire, mais pour être à tes côtés, te questionner, te cadrer. Alors, je cherche quoi ? Tes valeurs, parce que c’est justement ce qu’on cherche et ce qu’on va poser noir sur blanc. Elles sont ta boussole.

06Alors, que faire de ta vie ?

Avec ça, tu vas pouvoir envisager la suite. Ton boulot, est-ce bien celui-là qui te soutient ? Il paie les factures, assure un toit, un minimum de confort. Mais répond-il à d’autres valeurs importantes pour toi ? Maintenant que tu as connaissance de tes valeurs, tu peux répondre à cette question-là. Et décider de ce qui va suivre.

La façon dont tu appréhendes ta vie, ses petits moments, ses choix, est-ce que tu abordes tout cela sous le bon angle ? Désormais tu vas pouvoir te poser et te demander vraiment ce que tu vas pouvoir faire de ta vie. C’est cela agir. Poser les mots. Les mots justes. C’est ce qui fait avancer.

Stéphane Briot

Stéphane Briot

J'écris ici sous le nom de plume Watson. Je suis un coach. J'écris depuis ce que j'ai traversé, complété par la lecture de centaines d'ouvrages que je dévore chaque année. Deux infarctus, une enfance douloureuse digne d'un roman, c'est là j'ai appris à déceler où ça coince d'abord chez moi, puis chez les autres, et ce avec précision. Ce site est un espace pour ceux qui veulent que ça bouge. Pour remettre de la vie dans leur quotidien.

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